La sphère politique des Alpes-Maritimes est secouée par un dossier judiciaire portant sur la gestion de données personnelles. Ce vendredi, un représentant majeur du département, engagé dans la course aux prochaines élections municipales, a été convoqué dans les locaux de la police spécialisée dans la lutte contre la corruption et les infractions financières. Cette audition s’inscrit dans le cadre d’investigations portant sur la création et la détention présumées de listes recensant des informations confidentielles sur de nombreux citoyens.
L’affaire, qui a débuté au printemps 2025, repose sur des soupçons de fichage à caractère sensible. La justice cherche à déterminer si des bases de données ont été constituées sans l’accord des personnes concernées, incluant des mentions normalement protégées par la loi. Parmi les éléments scrutés par les enquêteurs figurent des précisions sur l’origine ethnique, les convictions religieuses, les situations de handicap ou encore le patrimoine financier des individus répertoriés.
Les documents au cœur du litige, principalement des tableurs informatiques, contiendraient des annotations diverses. Si les références aux orientations religieuses semblent liées à des fonctions associatives ou cultuelles, d’autres mentions interrogent davantage les autorités. On y trouverait des détails sur des handicaps sensoriels, des appartenances à certaines communautés, ainsi que des données précises sur les comportements électoraux passés ou la composition familiale des personnes listées.
L’origine de cette procédure remonte à un signalement effectué par un particulier souhaitant rester anonyme et réclamant la protection due aux lanceurs d’alerte. Ce citoyen a transmis des éléments qui ont conduit le parquet à s’intéresser de près aux pratiques de l’élu et de ses équipes. Avant cette audition, plusieurs collaborateurs et anciens partenaires de l’homme politique avaient déjà été entendus par les services de police.
Dans l’entourage de la personnalité visée, on dénonce une manœuvre orchestrée par des adversaires politiques à l’approche des échéances électorales. Ils pointent du doigt un possible changement de camp d’un ancien allié passé chez un rival local. Cependant, la justice devra trancher sur la légalité de ces pratiques : il s’agit de savoir si ces informations ont été collectées et conservées de manière indue, une infraction sévèrement encadrée pour protéger la vie privée des administrés.
Cette affaire intervient dans un climat de tension électorale croissante, où chaque révélation sur les méthodes internes des candidats est scrutée de près. Au-delà des suites judiciaires, c’est la question de l’éthique dans la gestion des données citoyennes qui se pose, illustrant la frontière de plus en plus poreuse entre communication politique et respect des libertés individuelles.
