La nuit du réveillon du Nouvel An a été marquée par de nombreuses tensions à Nice, où des tirs de feux d’artifice non autorisés ont illuminé le ciel malgré une interdiction préfectorale clairement établie. Alors que la ville n’avait pas prévu de spectacle officiel pour célébrer le passage à 2026, des dizaines de mortiers ont été déclenchés de manière spontanée dans plusieurs quartiers, provoquant à la fois émerveillement, exaspération et inquiétude. Les événements ont conduit à une réponse judiciaire rapide, impliquant notamment des mineurs.
Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les forces de l’ordre ont été mobilisées pour faire face à ces tirs dits « sauvages ». Sur la promenade des Anglais, dans le Vieux-Nice, mais aussi dans des secteurs plus résidentiels comme Cessole, Magnan ou la Madeleine, des individus ont déclenché des engins pyrotechniques durant plusieurs heures. Les premières explosions ont été observées dès la fin de soirée, entre 22 heures et 1 heure du matin, mais des détonations ont continué à être signalées jusqu’au petit matin, et même la nuit suivante dans certains secteurs.
Ces tirs sont intervenus alors même qu’un arrêté préfectoral avait été pris en amont pour restreindre strictement l’utilisation et la circulation de feux d’artifice durant la période des fêtes. L’objectif affiché était de prévenir les troubles à l’ordre public et les risques d’accidents. Malgré ces mesures, le ciel niçois s’est embrasé à de multiples reprises, forçant la police à intervenir dans plusieurs quartiers.
La réaction des habitants a été contrastée. Certains Niçois ont salué ce spectacle improvisé, y voyant une touche de gaieté dans une soirée sans feu d’artifice officiel. Sur les réseaux sociaux, des messages enthousiastes ont circulé, évoquant la beauté des couleurs et l’ambiance festive retrouvée. Pour ces habitants, ces tirs ont contribué à recréer l’esprit du réveillon, perçu comme un moment de partage et de célébration.
À l’inverse, de nombreux riverains ont exprimé leur colère et leur lassitude. Les nuisances sonores ont été jugées excessives, notamment pour les familles avec de jeunes enfants ou des animaux de compagnie. Plusieurs témoignages font état de chiens terrorisés pendant de longues minutes, incapables de se calmer face aux détonations répétées. D’autres habitants ont dénoncé une situation qu’ils estiment de pire en pire d’une année sur l’autre, pointant un sentiment d’impunité chez les auteurs de ces tirs.
Au-delà des désagréments, ces feux d’artifice non encadrés ont suscité de réelles inquiétudes en matière de sécurité. Tirés à proximité d’habitations, parfois depuis la voie publique, ces engins peuvent représenter un danger sérieux pour les passants, les bâtiments et les véhicules. Des parents ont notamment fait part de leur crainte de voir leurs enfants exposés à des accidents, dans un contexte où aucune mesure de sécurisation n’était mise en place.
Dans certains quartiers de Nice, le phénomène n’a malheureusement rien d’exceptionnel. Aux Moulins et à l’Ariane, les tirs de mortiers sont devenus quasi quotidiens selon les riverains, transformant les nuits en véritables épreuves. La Saint-Sylvestre a toutefois renforcé la vigilance des autorités dans ces secteurs dits sensibles. Des dispositifs spécifiques ont été déployés, incluant l’utilisation de drones par la police nationale et la gendarmerie afin de repérer rapidement les auteurs et d’intervenir sans délai.
La fermeté affichée par les autorités s’est traduite par des interpellations et des poursuites judiciaires. Une enquête a été ouverte dès le lendemain des faits. Huit personnes ont été déférées devant la justice le 2 janvier, dont six mineurs et deux majeurs. Elles sont poursuivies pour des faits qualifiés de violences avec arme et pour leur participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Ces qualifications pénales illustrent la gravité avec laquelle les faits sont considérés.
Le préfet des Alpes-Maritimes a rappelé la détermination de l’État à lutter contre ce type de comportements. Il a insisté sur la nécessité de protéger les habitants et les forces de l’ordre face à des pratiques jugées dangereuses et irresponsables. Cette ligne de fermeté s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre l’usage illégal d’engins pyrotechniques dans le département.
Les chiffres récents témoignent de l’ampleur du phénomène. Quelques jours avant le réveillon, une importante saisie avait été réalisée dans le quartier de l’Ariane, avec la confiscation de plusieurs centaines de mortiers représentant plusieurs milliers de tirs potentiels. Depuis l’automne, les douanes ont également intercepté de nombreux engins pyrotechniques, notamment à l’aéroport de Nice, soulignant l’ampleur des circuits d’approvisionnement.
Au total, près de trente interpellations ont été recensées dans les Alpes-Maritimes au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre. Ces événements relancent le débat sur l’efficacité des interdictions, la prévention auprès des jeunes et les moyens nécessaires pour endiguer durablement ce phénomène. Entre envie de fête et impératif de sécurité, la nuit du Nouvel An à Nice a une nouvelle fois mis en lumière des tensions persistantes, auxquelles les autorités entendent désormais répondre avec une vigilance accrue.
